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La Pravda ment, tout le monde sait ça. Fox News ment aussi, c’est bien connu. Mais le Star-Ledger? Et l’Associated Press? Est-ce que les journaux – les médias – nous mentent? Imaginez. Vous etes en train de feuilleter le journal, vous lisez un article. Soudain, arrive au milieu de l’article, une cartoonesque ampoule s’allume a l’intérieur de votre tete. Vous êtes généralement enclin a faire confiance aux médias, mais ce jour-la, cet article-la; non, difficile a avaler. Je ne parle pas de la Coupe du Monde, de l’Espagne battue par la Suisse. Non, mais d’un sujet terriblement plus sensible ici outre-Atlantique, l’Afghanistan. Ou plutôt, la guerre qui s’y déroule depuis déjà 9 ans, la guerre la plus longue endurée par les États-Unis.
Dans un article publie le 16 juin 2010 dans le Star-Ledger, l’AP reporte les paroles de Michele Flournoy, sous-secrétaire d’État a la Défense en charge des affaires publiques, qui s’est exprimée lors d’une séance du Sénat sur l’avancement de la guerre en Afghanistan. « Nous commençons a regagner l’initiative, et l’insurrection commence a perdre de son elan ». Et plus loin, « la nature des récentes attaques de la part des insurges commence a indiquer une possible réduction de certaines de leur capacités operationnelles ».
Voila pour les faits; questionnons maintenant la sincérité de tels propos. Le compte-rendu est peut-être tout ce qu’il y a de plus exacte. Mais l’information qui est délivrée dans ces quelques phrases l’est de manière beaucoup trop allusive et imprécise pour être avalée et digérée sans un mot. L’aride terminologie militaro-diplomatique dénue ce message de son sens et donc d’une large part de sa crédibilité. De plus, l’unique moyen de vérifier le propos est de soi-même, se rendre sur le terrain et interroger les parties en cause ; difficile. L’entière autorité de ce communique repose donc sur le fait que la source d'émission, ici le Secrétariat a la Défense, possède une crédibilité accrue auprès du public, de par sa position officielle. Un professeur de littérature appellerais cela un argument d’autorité. En bref, quelques phrases erratiques prononcées par un ponte et impossibles a confirmer ; le doute subsiste... Le poisson – et le lecteur – sont en train de se noyer. Le pays est en guerre ; noyade et illusion d’information sont affaires d’Etat.
La guerre au Moyen-Orient est sujet brûlant et des plus sensibles pour l’Amérique, tant politiquement qu’émotionnellement. Après 9 années d’une guerre qui semble ne jamais finir, les quelques mots lances devant le Sénat ont toute l’apparence d’une excuse bredouillée par un gamin de 7 ans qui vient de jeter la casquette de son camarade dans une flaque d’eau. Tendrement touchant dans un cas, triste et affligeant dans l’autre. Clairement, l’état-major américain cherche a concilier et le gouvernement et l’opinion publique. Le besoin de justifier se fait plus impérieux que jamais: justifier les morts, justifier les vétérans traumatises, justifier le gouffre financier; justifier les sacrifices. Mais jusqu’a quel point un état peut-il cacher la vérité a ses citoyens dans l’unique but de justifier ses actions? De plus en plus, la limite entre raison d’État et intérêt public s’affine, s’étire, s’étiole, jusqu’a se rompre. Bien que en guerre, un pays peut-il, a-t-il le droit, de mentir délibérément sous prétexte de préserver ses intérêts? La transparence politique atteint ici ses limites, et avec elle, le droit a l’information.
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