Partager l'article ! Comment, un jour, Hollywood dominera la planète entière.: Ou, Blitz sur les salles obscures. Ou, l’hallali cinématographique. ...
Ou, Blitz sur les salles obscures.
Ou, l’hallali cinématographique.
Ou, par pitié, coupez !
Un vendredi soir au ciné; c’est l’heure des bandes-annonces. Soudain, a l’écran, le visage burine-ravage de Sylvester Stallone. Puis le crane luisant de Bruce Willis. Et le lifting cubiste d’Arnold Schwarzenegger. Et puis Jet Li. Et Mickey Rourke, et Jason Statham. Oui, tous dans le même film. The Expendables, sortie US le 13 aout 2010. Une nouvelle pellicule d’un cinéma Panzerdivision lancée par Hollywood a la face du monde… Une force de frappe équivalente a un raid de B-52 sur Hanoi et un impact sur le public comparable à un discours de Joseph Goebbels ; pour un nombre d’entrées à vous filer le vertige. Et la nausée. L’opération "Blockbuster" menée en ce début de 21e siècle emprunte toute sa stratégie a la guerre éclaire. De la même façon que le IIIe Reich a défoncé la Pologne, la Belgique et toute l’Europe, un identique Blitzkrieg menace les écrans noirs de la galaxie. Tout d’abord, une vague de comédies-avec-Adam-Sandler-et-Martin-Lawrence parachutée derrière les lignes du bon gout pour prendre les cinéphiles a revers. Une division complète de Stallone et de Nicolas Cage enfonce ensuite la ligne de front a grands coups de films satures en testostérone, hémoglobine et poudre a canon, avant qu’un bataillon de comédies sentimentales ne réduise les dernières poches de résistance et nettoie le champ de bataille a l’eau de rose. Rapide et efficace.
Pour chaque nouvelle avancée du rouleau-compresseur, un clou est enfonce dans les chaires du cinéma indépendant crucifie sur les collines d’Hollywood. Le conflit en cour, allant a un train de furie, lessive les esprits, massacre toute tentative d’originalité et réarme les vieux cliches. Défaite, débâcle ; les films étrangers deviennent peu à peu l’exclusivité d’un public restreint d’amateurs de sous-titres et les films de Godard et Jeunet, d’une classe d’étudiants et de trentenaires bobos new-yorkais. Au loin, résonne le clairon de la reddition.
Ou seraient-ce les trompettes de la renaissance ?
Pearls Before Swine, Stephan Pastis.
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